Open Banking Expo 2026: principaux enseignements

Pendant des années, le système bancaire ouvert du Canada a connu des progrès lents, des échéances fluctuantes et l’impression que le pays restait bloqué dans des discussions conceptuelles alors que ses homologues mondiaux progressaient au pas de course.
Lors de l'Open Banking Expo 2026 qui s'est tenue à Toronto, ce constat a finalement basculé. Le secteur en est arrivé à adopter une attitude différente – moins de spéculations, plus de certitudes; moins de questions ouvertes, plus de plans concrets; et un thème sans équivoque qui a dominé dans toutes les discussions: l'exécution a commencé.
Suite à la confirmation de la législation fédérale dans le budget de 2025 et à l'attribution officielle de l'autorité de surveillance à la Banque du Canada, l'écosystème dispose désormais des clarifications tant attendues. Mais ce n'est qu'un début. Le Canada est officiellement entré dans la phase de travail réel: le chapitre complexe, collaboratif et hautement technique où les principes deviennent des produits et où les cadres deviennent des expériences financières réelles.
Dans ce contexte, trois thèmes à retenir se dégagent de l'exposition de cette année:
1. La confiance déterminera l'adoption du système.
2. La valeur, plus que la conformité, favorisera une utilisation pertinente du système bancaire ouvert.
3. Le moment est venu pour le Canada de passer à l'action.
Ce qui suit est une synthèse de ces thèmes et de leur signification pour un secteur à l'aube de sa transformation.
La confiance est essentielle à l'adoption du système
Si un message s'est imposé à l'Expo, c'est bien celui-ci: le système bancaire ouvert peut seulement exister si les Canadiens font confiance au système responsable du traitement de leurs données financières.
Si la confiance a toujours été une condition de principe pour le partage de données autorisé par les consommateurs, elle occupe désormais une place centrale dans l'écosystème, qui passe de la planification à la mise en œuvre.
La confiance n'est pas un défi lié à la communication. C'est un défi lié aux systèmes.
Chaque écosystème bancaire ouvert dans le monde a été confronté à la même réalité: les clients n'autoriseront l'accès à leurs données financières que s'ils estiment que le système est sûr, transparent et responsable. Au Canada, cette responsabilité incombe directement aux institutions et aux fournisseurs d'infrastructure qui se préparent actuellement à permettre des flux de données sécurisés reposant sur des API.
Ron Morrow, directeur général des paiements, de la supervision et de la surveillance à la Banque du Canada, a insisté sur cette responsabilité:
« Bien qu'il y ait une forte dynamique autour des services bancaires axés sur les consommateurs, nous avons la responsabilité de veiller à ce que le système soit sûr, stable et digne de confiance afin qu'il puisse réellement offrir aux Canadiens un plus grand choix et plus d'innovation. »
Son message a été répété tout au long de l'événement: la confiance n'est pas une simple fonctionnalité ni une étape finale, elle est incontournable.
Capacités essentielles requises pour gagner la confiance
Les intervenants de toutes les institutions ont toujours insisté sur les mêmes piliers fondamentaux:
Des API sécurisées et normalisées pour que le secteur s'éloigne enfin de la capture de données d'écran
Des cadres transparents de consentement des consommateurs qui simplifient la compréhension, la révocation et la traçabilité des droits de partage des données
Des contrôles robustes de vérification de l'identité et d'authentification pour veiller à ce que les données soient partagées uniquement avec les entités concernées
Une surveillance de la fraude en temps réel et un service de renseignement interinstitutionnel pour réduire les approches fragmentées de la gestion des risques
Il ne s'agit pas de garanties facultatives, mais d'enjeux qui déterminent si les consommateurs se sentent en confiance.
Tushar Tyagi, directeur des produits chez EQ Bank, a souligné les nouvelles opportunités que les flux de données sécurisés permettent:
« Le système bancaire ouvert nous offre un contexte comportemental et transactionnel plus riche sur les clients. Lorsque ces données sont partagées avec l'autorisation de l'utilisateur, elles permettent de détecter plus tôt les signaux de fraude et de réagir en temps réel. »
La confiance suppose la collaboration, non le cloisonnement
L'écosystème du Canada est particulièrement bien placé pour renforcer la confiance, précisément parce qu'il dispose déjà de cadres de protection des consommateurs et de processus de résolution des litiges fiables. Mais plus encore, le système bancaire ouvert crée l'opportunité suivante: plutôt que de voir les banques opérer seules dans leur coin, un modèle de défense contre la fraude plus collaboratif entre les institutions et les fournisseurs de technologie financière peut voir le jour grâce au partage des données.
En ce sens, la confiance devient à la fois une architecture technique et une attitude culturelle: une attitude qui donne la priorité à la transparence, à la responsabilité et à la coordination dans l'ensemble du paysage financier.
Ce qu'il faut retenir: La confiance doit être élaborée et non présumée. La réussite du Canada dépendra du fait que ce nouvel écosystème soit non seulement innovant, mais aussi indéniablement sûr pour les Canadiens.
La valeur réelle, et non la réglementation, stimulera le système bancaire ouvert au Canada
Si la confiance est le véhicule, la valeur en est le moteur. Alors que la législation et les normes techniques permettent à l'écosystème de fonctionner, l'Expo a permis de clarifier un point sans équivoque: les Canadiens n'adopteront pas le système bancaire ouvert parce qu'il existe. Ils l'adopteront parce qu'il améliore leur vie financière.
Saba Shariff, vice-présidente principale et responsable en chef de la stratégie, des produits et de l'innovation chez Symcor, l'a bien résumé:
« Les gens n'adoptent pas les services bancaires ouverts. Ils adoptent de meilleures expériences. »
Les marchés internationaux montrent que l'adoption est plus rapide lorsque le système bancaire ouvert permet des cas pratiques à forte valeur ajoutée, tels que les paiements de compte à compte au Royaume-Uni ou les transactions instantanées au Brésil. Dans les deux cas, les consommateurs n'ont pas adopté le concept de « système bancaire ouvert » en tant que tel: ils ont adopté la commodité, la rapidité et le contrôle.
Le début probable de l'adoption au Canada
Le système de paiement en temps réel (PTR), qui sera bientôt mis en place au Canada, devrait jouer un rôle de catalyseur similaire. Grâce aux données en temps réel et aux capacités de règlement instantané, les premiers cas d'utilisation à forte valeur ajoutée devraient émerger dans les domaines suivants:
Décaissements instantanés des salaires et gouvernementaux
Paiements en temps réel des commerçants et des fournisseurs
Transferts de courtage et ouverture de compte plus rapides
Meilleures connaissances de la gestion des finances personnelles
Vérification simplifiée des revenus pour les décisions de prêt et de crédit
On s’attend à ce que les applications commerciales – qui privilégient la rapidité, la certitude des flux de trésorerie et l'efficacité opérationnelle – mènent l'adoption initiale, d'autant plus que les entreprises canadiennes sont les premières à bénéficier du système de paiement en temps réel.
La valeur émerge lorsque les institutions voient plus loin que la conformité
Les entreprises qui réussiront le mieux ne sont pas celles qui se contenteront de répondre aux attentes des régulateurs – mais bien les suivantes:
les institutions qui proposent des expériences d'utilisation agréables,
les entreprises de technologie financière qui exploitent les informations en temps réel pour résoudre des problèmes de longue date,
les fournisseurs d'infrastructure qui simplifient les connexions de données complexes pour les consommateurs et les développeurs.
Ce qu'il faut retenir: La conformité peut ouvrir des portes, mais c'est la valeur qui conduira les Canadiens à les franchir. Les organisations qui seront capables de transformer les possibilités offertes par le système bancaire ouvert en améliorations significatives seront à l'origine de la première vague d'adoption.
Le moment de l'exécution au Canada
Maintenant que la question de savoir si le système bancaire ouvert se produira ne se pose plus, le secteur a commencé à se concentrer sur la qualité de l'exécution. Comme l'a déclaré Stephanie Zee, responsable en chef des produits chez Paiements Canada:
« Nous ne débattons plus de la question de savoir si cela va se faire; ce qui compte maintenant, c'est la qualité de l'exécution. »
Le plan d'exécution est prêt
Le passage de la politique à la performance nécessite une coordination entre les multiples dimensions de l'écosystème:
Intégration technique: les institutions doivent construire et tester des API sécurisées et conformes aux normes
Gouvernance et cadres de risque: des règles claires et cohérentes qui assurent l'intégration et la surveillance des participants
Connectivité de l'écosystème: des plateformes permettant un échange de données facile et sécurisé
Partenariats commerciaux: les banques, les entreprises de technologie financière et les fournisseurs d'infrastructure se concertent sur des incitations communes
Préparation opérationnelle: modèles de soutien à la clientèle, processus de révocation du consentement, résolution des différends, et plus encore
C'est là que l'écosystème du Canada concentre maintenant ses efforts.
Le rôle de l'infrastructure de connexion
Des plateformes telles que COR.CONNECT sont apparues et agissent comme des facilitateurs vitaux dans cette phase d'exécution. En offrant aux institutions financières et aux entreprises de technologie financière un moyen normalisé et gouverné d'échanger des données autorisées par les consommateurs, elles contribuent à ce que l'écosystème ne se limite pas à la préparation réglementaire, mais qu'il s'oriente vers la livraison effective de produits.
Ces types de réseaux réduisent la complexité pour les institutions, accélèrent les délais d'intégration et soutiennent une gouvernance cohérente. En définitive, ils veillent à ce que l'innovation puisse s'épanouir sans compromettre la sécurité.
Le Canada dispose des ingrédients de la recette – il ne reste plus qu'à les combiner
Les discussions qui se sont tenues lors de cette Expo ont reflété une confiance croissante dans le fait que le Canada est bien placé pour réussir. Voici les ingrédients dont dispose aujourd'hui le pays:
Une législation et des orientations réglementaires claires.
Un modèle de supervision ancré dans une autorité expérimentée et de confiance.
Une forte collaboration du secteur et une volonté de bâtir ensemble.
Une infrastructure technique capable de supporter des flux de données modernes.
Un système de paiement en temps réel (PTR) prêt à exploiter des cas pratiques à forte valeur ajoutée.
Le défi à venir ne réside pas dans l'incertitude, mais dans l'excellence de l'exécution. Pour aborder ce nouveau chapitre en toute confiance, contactez l'équipe de Symcor et découvrez comment nous pouvons vous aider.


